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Édition Semaine n° 08 Février 2017

THEATRE


La Colline Théâtre national

Les Insoumises d'après Lydia Tchoukovskaïa, Virginia Woolf, Monique Wittig

un projet en trois temps de Isabelle Lafon
avec Johanna Korthals Altès, Isabelle Lafon, Marie Piemontese, Vassili Schémann
du 20 Septembre au 20 Octobre 2016

Les samedis et dimanches, les trois spectacles sont proposés en intégrale (samedi à 19h et dimanche à 15h), et du mardi au jeudi en alternance: Deux ampoules sur cinq, le mardi à 20h, Let me try, le mercredi à 20h et L’Opoponax, le jeudi à 20h Petit Théâtre

“Mais nous sommes des insoumises, n’est-ce pas ?” C’est depuis cette phrase issue des Notes sur Anna Akhmatova qu’Isabelle Lafon envisage son cycle de trois pièces. Dans un dispositif simple, original et audacieux, la metteure en scène adapte des textes littéraires de Lydia Tchoukovskaïa, Virginia Woolf et Monique Wittig. Avec Les Insoumises, elle fait résonner, par le biais de l’enfance, de la politique, de la création ou de l’intime, ces trajectoires de femmes libres et actrices de leur destin.

un projet en trois temps

Deux ampoules sur cinq, inspiré de Notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaïa
avec Johanna Korthals Altes et Isabelle Lafon
traduction Bronislava Steinlucht et Isabelle Lafon
Le spectacle a été créé en décembre 2014 au Théâtre Gérard Philipe – Centre dramatique national de Saint-Denis

Let me try, d’après le Journal 1915-1941 de Virginia Woolf
avec Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Marie Piemontese
traduction Micha Venaille
assistante à la mise en scène Marion Canelas
lumière et espace scénique Marion Hewlett avec la collaboration de Patrice Lechevallier
costumes réalisés dans les ateliers du Théâtre national de Toulouse sous la direction de Nathalie Trouvé
Le spectacle a été créé en mars 2015 à la MC2 : Grenoble

L’Opoponax de Monique Wittig
avec Isabelle Lafon
batterie Vassili Schémann
Le spectacle a été créé en juillet 2015 à La Belle Scène Saint-Denis - festival d’Avignon
Production
coproduction Les Merveilleuses, MC2 : Grenoble, La Colline – théâtre national, Théâtre national de Toulouse
Avec les soutiens de la DRAC Ile-de-France et de l’ADAMI
Le cycle bénéficie du dispositif d’accompagnement d’ARCADI
Il est soutenu dans le cadre de la charte d’aide à la diffusion ARCADI – ONDA
La compagnie Les Merveilleuses est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Ile-de-France)

 

 

Théâtre du Rond-Point
Saison 2015/2016
Pasolini, nous sommes tous en danger !


Hommage à Pier Paolo Pasolini
soirée orchestrée par : René de Ceccatty, Ernest Pignon-Ernest, Jean-Michel Ribes, avec : Alfredo Arias, Adriana Asti, Claudia Cardinale, Françoise Fabian, Michel Fau, Anouk Grinberg, Antonio Interlandi, François Marthouret, Arnaud Meunier, Stanislas Nordey, Alexie Ribes, piano : Mathieu El Fassi

lundi 2 novembre 2015 Salle : Renaud-Barrault

Pasolini, nous sommes tous en danger ! Il y a 40 ans, Pier Paolo Pasolini était assassiné sur la plage d’Ostie, près de Rome. À travers textes, poèmes et projections, nous rendons hommage à cet artiste, indispensable et nécessaire surtout aujourd’hui.

 

Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez


14 septembre – 4 novembre 2016 / Odéon 6e
Dom Juan de Molière mise en scène Jean-François Sivadier
avec Marc Arnaud, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Vincent Guédon, Lucie Valon, Marie Vialle
durée 2h30

Avec Tartuffe, note Jean-François Sivadier, Molière était « allé trop loin » ; avec Dom Juan, il va plus loin encore. Par ce nouveau coup de folle audace, Molière invente sa version de l’un des derniers mythes qu’ait produits la littérature de l’Occident. Dom Juan, avec Hamlet, avec Faust, compte parmi les grandes figures inaugurales de la modernité. Il y entre à grands pas, marchant ferme sur ces « deux jambes » que sont « le rire et l’effroi ». Son siècle est celui qu’a ouvert Galilée, autre héros cher au metteur en scène. Désormais, la croyance n’est plus affaire de soumission à une autorité, spirituelle ou temporelle, mais de rationalité argumentée. L’existence n’a plus à se conformer aux commandements d’aucun Commandeur : elle est faite pour être explorée, par toutes les voies. À la crédulité superstitieuse, simple réflexe conditionné, se substitue la libre réflexion du libertin. Dom Juan s’y voue avec une insolence, un appétit, une allégresse extraordinaires. Et ce « tour du monde », dans cette pièce à rebondissements, capricieuse et romanesque, « ressemble surtout à un tour sur lui-même », à l’état des lieux d’un sujet résolu à « tenter d’épuiser le monde et de s’épuiser lui-même pour se sentir vivant ». Improvisateur romanesque et sauvage, le Dom Juan de Nicolas Bouchaud, fidèle compagnon théâtral de Sivadier, saccage tout sur sa route, toutes les convenances éthiques et esthétiques. Les lois sont des liens, mais qui ne ligotent que leurs victimes consentantes. Dom Juan ne s’engage qu’au dégagement, à la variation indéfinie, au voyage sans limites et sans retour (il est significatif que la seule fois qu’il tient parole, il cause sa perte sur une poignée de main). Tant pis pour les autres.

Dom Juan viole, Dom Juan séduit. Il fuit, il combat. Lâche, brave, subtil, brutal voire criminel, peu lui importe. Il ne craint rien, et surtout pas la contradiction ni même le ridicule. Il lui suffit d’être soi et fidèle à soi. L’hypocrisie, qu’il découvre en fin de parcours, n’est qu’une arme de plus dans sa panoplie. Pourquoi donc devrait-il être sincère envers quiconque ? Tout devoir n’est qu’une dette, et Dom Juan ne s’en reconnaît aucune. C’est l’éternelle illusion des pères que de croire que leurs fils leur doivent le jour ; c’est la sempiternelle naïveté des créanciers qui les persuade que leurs débiteurs sont tenus de les rembourser ; c’est l’immortelle bêtise des valets que d’espérer de leurs maîtres qu’ils leur régleront leurs gages avant que le rideau ne tombe. Et que dire des pauvres épouses qui se fient aux belles promesses de leurs maris ?

Jongleur, joueur, acteur, Dom Juan selon Sivadier est un « corps offert comme un espace de projection à toutes les interprétations ». Un peu clown aussi, car « la comédie commence toujours dans la rencontre malheureuse de la théorie et de la pratique ». Faisant de la scène « une arène » où jouer ses tours avant sa mise à mort, Dom Juan serait insaisissable s’il n’y avait la statue du Commandeur au bout de sa route. Mais il n’est même pas sûr que « le convive de pierre » maîtrise tout à fait ce diable d’homme. Car le feu de la damnation consume Dom Juan, mais n’efface pas les paroles qu’il a prononcées... Et la machine infernale qu’est le théâtre de « la bande à Sivadier » est là pour en attiser les flammes – au présent, soir après soir.